vendredi 27 novembre 2009

mrcrdsgn | conférence de Malte Martin : 2 décembre



Les mots dans la ville, mercredi 2 décembre 09 à 18h30 dans le cadre du cycle de conférences mrcrdsgn à l’Université Paris 8.

Les mots dans la ville
- de l’irruption de la parole dans l’espace public (projets Agrafmobiles “Onze délires!”, “Magenta”, “Mots Publics”)
- faire parler typographiquement un lieux de spectacle (exemple Théâtre de l’Athénée)
- au delà des mots (travaux expérimentaux tel “Instants Mobiles” et “Jusqu’à l’effacement des mots”)

Graphiste et plasticien, Malte Martin anime un atelier graphique qui explore tous les domaines de la création contemporaine : théâtre, danse, musique, cinéma… Ses influences sont multiples. D’origine allemande, il débute son parcours par une formation « Bauhaus » aux Beaux-Arts de Stuttgart, avant d’intégrer l’ENSBA de Paris et l’atelier Grapus.

Parallèlement à sa pratique de design graphique pour le théâtre, la danse et la musique contemporaine, Malte Martin a ouvert avec Agrafmobile un champ artistique qui investit l’espace urbain et les territoires du quotidien. L’espace d’Agrafmobile est pour lui un espace d’expérimentation artistique et de recherche fondamentale. L’espace public, les publics, l’image, le signe, l’environnement visuel, sensible, sonore sont au cœur de ses recherches. «Mon envie, c’est de recréer par ce théâtre visuel un espace public qui donne à voir et à lire autre chose que des signes administratifs et des messages commerciaux. Une tentative de reconquérir l’espace public comme un espace d’imagination appartenant à ceux qui y vivent.»

Université Paris 8 – Bâtiment A
département Arts Plastiques
2 rue de la Liberté, 93 Saint-Denis
métro Saint-Denis – Université
maps Google

lundi 16 novembre 2009

mrcrdsgn | conférence de Patrick Jouin : 18 novembre

ce message est aussi l'occasion de vous présenter la nouvelle identité graphique du cycle de conférences que nous venons de terminer. Les affiches sont visibles sur place et le site est en ligne ici > arpla.fr/canal11.
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Les cycles de conférences design actuel et typographie contemporaine fusionnent pour former mrcrdsgn, nouvelle entité qui tentera d'aborder ses problématiques au sein d'une structure commune. Les conférences, initiées par Alain Cieutat et Félix Müller, auront lieu le mercredi au département Arts Plastiques de l'Université Paris 8.


 
mercredi 18 novembre 09 | 15h30, Salle A1-172



Talent et savoir technologique
Diplômé de l’ENSCI en 1992, le designer Patrick Jouin crée son agence en 1998, dans le XIe arrondissement parisien. Cette agence est devenue, au fil des projets – architecture intérieure, conception de produits et mobiliers, scénographie et architecture – une référence sur la scène internationale. Patrick Jouin s’y distingue par un style élégant et épuré, toujours au service du projet; la recherche perpétuelle d’un équilibre entre tradition et innovation le conduit à une production brillante, honorée de nombreux prix.
Patrick Jouin expérimente avec bonheur les collaborations avec des créateurs de tous horizons. Sa rencontre déterminante avec le cuisinier Alain Ducasse est à l’origine de restaurants considérés parmi «les plus beaux du monde»: le Plaza Athénée (Paris), le 59 Poincaré (Paris), le Chlösterli-Spoon (Gstaad), le Spoon Byblos (Saint-Tropez), le Mix (Las Vegas). Cassina, Alessi, Kartell, Ligne Roset éditent son mobilier. Le goût de la technique et la grande attention qu’il y porte constituent une des constantes de son travail. Il sait magnifier la matière -- sous sa main, plastiques, cristal, faïence, aluminium, bois se prêtent aux plus étonnantes transformations -- et exploiter les bouleversements que la technique peut produire dans la structure même de l’objet: en 2005, la série de chaises Solid en stéréolithographie révolutionne le design.
Patrick Jouin est aussi salué pour son talent à faire coexister fonctionnalité d’un objet, scénographie d’un espace, beauté de la ligne: élégance de la casserole PastaPot en collaboration avec Alain Ducasse pour Alessi, légèreté de la chaise Solid, féerie de l’aménagement des salons historiques de Van Cleef & Arpels, efficacité des stations du Vélib’ pour J-C Decaux…
Les projets en cours précisent son écriture tout en explorant de nouveaux domaines: aménagement du restaurant 58 Tour Eiffel (Patrick Jouin avait déjà réalisé le Jules Verne), scénographie de la Biennale de la photographie non occidentale pour le musée du quai Branly, design d’un showroom pour Silvera, etc.

Prochaines conférences:
Malte Martin - Mercredi 2 décembre 2009 à 18h30
Ian Party - Mercredi 6 janvier 2010 à 18h30

Université Paris 8 – Bâtiment A 
département Arts Plastiques
2 rue de la Liberté, 93 Saint-Denis
métro Saint-Denis – Université

dimanche 8 novembre 2009

le vide, la ligne, la lettre, le tracé direct


































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Some friends in the same place:





merci Élise pour les photos.
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Shooky: Shooket
Flop et Haohuai boyz: Teline
Animaux et Helvetica: Chew + Marz

Friends: Wxyz, Apotre

vendredi 30 octobre 2009

PEE - LE IEVNE



Une petite cover réalisée pour le mix de Dj Pee intitulé «Le Jeune». Ces minis projets sont toujours l'occasion de s'amuser un peu. Je suis parti sur l'idée de cognomen «PEE dit LE JEUNE» comme baseline. Initialement je souhaitais trouver une peinture d'un noble affublé de ce titre. Mais devant la difficulté de mettre la main sur un potrait adéquat, j'ai dérivé vers le peintre Hans Holbein.... dit le Jeune. Ce cher monsieur était le homeboy «à» Érasme dont il a fait de nombreux portraits. Le processus qui suit est assez simple, Érasme a donné son nom au fameux programme universitaire symbole pour beaucoup d'une forme d'épicurisme juvénile. Je recoupe ainsi mon sujet au propre comme au figuré.

La composition typographique est inspirée du livre Hypnerotomachia Poliphili qui fût publié par le vénitien Alduce Manuce dit l'Ancien, fondateur de la Neacademia dont Érasme faisait partie. Pour le caractère, j'ai eu recours au Bembo de Stanley Morison qui s'inspire directement du travail de Francesco Griffo graveur de poinçons de l'écurie Manuce (inventeur de l'italique).

Le J et le U n'étant pas encore inventé (reforme de Gian Giorgio Trissino en 1520) LE JEUNE s'écrit donc LE IEVNE.

Downloader le mix de ce premier jeune

vendredi 16 octobre 2009

Cholo Writing


François Chastanet poursuit son exploration de l‘écriture Cholo, une expression des gangs latinos de Los Angeles sous forte influence gothique.
Deux essais critiques accompagnent les 75 photographies documentaires. L’un d’entre eux s’attache notamment à détailler l’apparition et le rôle de la gothique dans les cultures de gangs.
À noter que François Chastanet sera en conférence lors de The heart of Letter, ATypI Mexico 2009

Cholo Writing: Latino Gang Graffiti in Los Angeles
de François Chastanet accompagné Howard Gribble et de Chaz Bojorquez.
Dokument Press, 16 × 24 cm
136 pages, 198 SEK (environ 20€)
ISBN 978-91-85639-21-2
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Plus d’infos sur le site de l’auteur et dans le dossier de presse.

Source: Jean-Batiste Levée pour Le Typographe

mercredi 30 septembre 2009

Bp Foundry: interview de Ian Party & exposition Sang Bleu à Paris

La démarche non conventionnelle et la rigueur du travail de Bp Foundry m'interpellent depuis quelques temps. Je ne sais plus trop comment je suis tombé sur leur site la première fois, mais leur politique de diffusion de caractères via un magazine de tatouage m'a tout de suite plu. Si de nombreux graffeurs de mon entourage ont tenté une réinsertion à travers cette pratique, je n'ai pour ma part aucune affinité avec ce milieu.

En fait, c'est l'attention porté à un médium généralement traité comme une sous-culture qui a retenu mon attention. Si habituellement ce genre de publication tendrait graphiquement à se rapprocher d'une revue de moto-cross, il en est tout autrement pour Sang Bleu.

C'est la qualité des caractères produits, loin des habituelles fonts fantaisistes pour magazine, qui m'a résolu à faire cette interview. J'ai donc contacté le P de Bp, Ian Party qui s'occupe du Type design de la fonderie.



Le SangBleu en mode Philly's Wicked

L'interview est suivie d'une série de previews (en avant première s'il-vous-plaît) des futures sorties de chez Bp. Le Didot Bp, Le Folkwang et quelques lettres du très attendu B&P.

Au passage, SangBleu s'expose à l'espace 12 Mail du 02/10/09 au 20/11/09

Bonjour Ian, pourrais-tu nous expliquer comment tu as atterri dans la typographie ? Seyth Pm?

Enfant d'une famille moyenne-bourgeoise vivant au bord du lac Léman dans un petit village au milieu des vignes, aimant le dessin c'est donc tout naturellement que je me suis mis à faire des tag et autres graffitis à l'âge de 14 ans, ça devait être en 91-92. Parfait candidat pour ce "sport-artistique" taillé pour les petits bourgeois en mal de culture de ville.

J'ai fait du graffiti sous divers noms dont "SEYT", avec divers groupes, dont les "PM" jusqu'au début des années 2000, décorant murs, bus et surtout la discipline reine, les trains. J'ai rencontré Maxime Buechi en 95, on a formé le groupe "SYF", première collaboration. Je me suis fait attraper une première fois en 98, puis en 99, après on respecte trop le graffiti pour devenir quelqu'un qui se fait payer pour faire des murs légaux ou autres toiles immondes...

Après mon bac scientifique, cours préparatoire à Vevey ou j'ai entre autre reçu des cours d'introduction à la lettre, je me suis dit naïvement que je devais les aimer vu que je faisais du graffiti, ce ne fut pas forcement le cas. Continuant à me persuader que je devais aimer la lettre, j'ai fait un CFC de peintre en lettre... apprentissage à la dure, te faisant regretter chaque jour ton choix. Mais apprentissage qui te forge et te met un bon coup de pied dans ton c*l de post-ado. Après 3 ans, je me suis inscrit à l'ECAL. Je me suis retrouvé dans la même classe que Maxime. Dès le début on a commencé à travailler ensemble.

C'est le graphisme enseigné à l'ECAL qui m'a vraiment mené au type design, principalement l'enseignement et le travail de François Rappo. Après mon diplôme j'ai directement été engagé par l'ECAL comme professeur pour donner les cours d'introduction à la typo en propédeutique, j'ai enseigné pendant une année puis je suis parti faire mon master à La Haye. En rentrant de La Haye, j'ai créé BP Foundry avec Maxime Buechi. Maintenant, je partage mon temps entre le dessin de caractères, la gestion de la fonderie et l'enseignement.

Malgré mes débuts, je ne pense pas que le graffiti mène à la création de caractères, mon expérience d'enseignant me ferait plutôt dire le contraire. Les ex-graffeurs sont souvent de mauvais type designer... je dirais même presque toujours de mauvais graphistes aussi... le hip hop est un milieu de coincés du c*l, ça fait rarement de bons créatifs.

Ce que je garde de mon époque graffiti:
l'esprit de développer avec une énergie inépuisable son propre truc en indépendant.

Les écoles du Zurich et de Bâle ont longtemps été les moteurs de la création graphique suisse, qu’en est-il aujourd’hui et de quelle manière appréhendes-tu cet héritage ?

L'école de Bâle n'est plus que l'ombre d'elle-même, on est bien loin des Gürtler ou des Weingart. Zurich (HGKZ) reste avec l'ECAL, la meilleure école de Suisse. Je ne parlerai pas d'héritage mais plutôt de culture. En Suisse, on a une culture graphique.

Lors de mes études c'était quelque chose d'assez naturel, je baignais dans la nouvelle scène Zurichoise, ils étaient presque tous mes profs ou intervenants, de Norm à Aude Lehmann. Le graphisme "grid system" c'était "cool et fresh". le "Modernisme" je ne le découvrais pas, je le vivais depuis ma naissance à travers mon environnement direct. Je jouais avec des codes que je connaissais d'une certaine façon déjà par cœur. C'est avec l'âge et une certaine maturité dans son travail que l'on met en relation un (son) style et une culture visuelle. Je respecte cette culture et me place directement dans cette tradition visuelle.

Le graphisme en Suisse ça se passe à Bâle et à Zurich, je veux dire professionnellement. Mais actuellement le meilleur endroit pour étudier cette culture graphique est à mon avis l'ECAL sous l'impulsion de François Rappo.

Quel regard portes-tu sur la scène graphique suisse contemporaine ?

Il y a des graphistes dont je suis le travail avec énormément d'intérêt. Il y a bien évidemment Maxime Buechi avec SangBleu et aussi celui de Ludovic Balland, à mon avis, le graphiste le plus doué du moment. Voilà pour moi un peu la dream team du graphisme en Suisse... et ailleurs. La scène Suisse reste pour moi une des références avec celle de Londres.

et toi, vue de la France comment tu définirais la scène suisse contemporaine?

Marz: Personnellement les graphistes suisses avec lesquels j'ai été en contact sont majoritairement originaires de Zurich, vivent en France, et ont maintenant dans les 40 ans. Ils ne veulent pas produire du graphisme "à la mode", pour eux la création se passe au niveau de la structuration de l'information et du choix des caractères. Ils recherchent avant tout, la radicalité et la fonctionnalité sans forme décorative.

Je dois dire que j'ai longtemps cru que leurs travaux reflétaient la touche helvétique. C'est en consultant les lauréats des plus beaux livres suisses que j'ai pris connaissance de la diversité des styles et de l'évolution de la scène.

Quand je vois votre travail (SangBleu) ou celui de Ludovic Ballant pour reprendre les exemples que tu citais j'ai l'impression que vous avez quand même pris vos distances avec le style international sans pour autant renier son apport fondamental. N'étant pas un historien du graphisme suisse, j'aurais du mal à dresser un tableau objectif. On sent néanmoins un coté plus latin dans certaines productions et aussi un goût pour l'expérimentation issue de l'école de Bâle. Peut-être que les disparités entre les différentes villes (Zurich, Bâle, Lucerne et Lausanne) sont aujourd'hui moins marquées qu'avant?

La scène suisse est toujours aussi riche en tout cas, le contingent de bons graphistes en est même déprimant. Je me demande vraiment comment il est possible de travailler dans votre pays. Cependant le contexte spécifique (culturel, démographique...) suisse induit aussi un certain conditionnement de la scène qu'il serait à mon avis naïf d'omettre. Personnellement, je perçois ça un peu comme un laboratoire.

Existe-t-il une différence marquante entre la partie romande et alémanique ?

Oui la principale production graphique de qualité se passe en Suisse allemande, très peu en Suisse romande. Le client et l'argent sont là-bas, mais surtout la tradition graphique y est plus forte et les institutions culturelles tout comme nombre d'entreprises ne sont pas frileuses pour actualiser leur communication.

À travers le travail BP, on sent une véritable réconciliation avec les formes dites historiques: est-ce une tendance de fond ?

Je ne pense pas que la typographie ait jamais été fâchée avec les formes dite historiques. De tout temps on a utilisé en masse des polices de type Garamond ou (à partir du 19e) des Didones, dès les débuts de la photocomposition tous les grands classiques ont été adaptés, pareil lors du passage au digital.

Nous proposons des fonts qui correspondent à nos envies graphiques, celle d'un graphisme suisse contemporain. Dans certaines de nos fonts la structure est issue du 17e 18e siècle français. Si nous sortons ces fonts c'est pour leur modernité, nous ne les voyons pas comme des fonts "historiques". Les deux prochaines sorties seront des familles sérif d'inspiration 18e français, viendra ensuite en mars 2010 une grotesque crée pour le prochain numéro de SangBleu (numéro 5).

Les caractères sans-sérif ont été longtemps synonymes de modernité, cette affirmation te semble-t-elle aujourd’hui toujours justifiée ?

Je pense que ce n'est plus du tout le cas. Le Swift ou le Thesis sont de bons exemples de font "sérif" utilisées pour avoir voulu marquer une certaine modernité. Ce qu'il y a de plus ringard à mes yeux ce sont ces fonts sans-sérif du type LaHaye ou Reading que l'on voit partout sur les blogs quand elles sortent mais plus jamais sur un graphisme de qualité par la suite. Elles sont utilisées pour des packagings de yahourts ou des guides télé...

Comment définirais-tu ton style ?

Difficile de définir son propre style, je ne pense pas avoir dessiné assez de fonts pour pouvoir arrêter une idée.

et toi comment tu définis le style BP?

Marz: Ehéhe bien joué, tu me retournes la question. Pour faire simple, je dirais helvétique et latin. Ce qui est intéressant c'est que l'on sent que vous êtes à la recherche de quelque chose. Que cela soit à travers votre communication ou vos caractères, il en résulte un certain dynamisme d'ensemble.

On pourrait aussi dire que votre travail est un peu l'expression de la dialectique hégélienne appliquée au dessin de caractères. LOL

Je reformulerais donc une question sur ce que tu as commencé à esquisser un peu plus haut, qu'entends-tu par modernité?

Pour ce qui est de la modernité je citerai une phrase de François Rappo quand il parlait de la font SangBleu. c'est une façon à la fois simple et ouverte de traiter de se sujet.

Qui s’intéresse à la typographie ? — tout le monde ! La typographie est un buzz, est une légende urbaine graphique, tout le monde en sait quelque chose. SangBleu, c’est BPfoundry. BPfoundry est vieille France lorsque la France, en typographie comme ailleurs, est moderne mais ne le sait plus. Henri Poincaré, Pierre Bézier, la DS 19, l’usine marémotrice de la Rance, le centre nucléaire de Saclay. Imaginez la synchronie française des années ’50 : le diagramme typographique d’Adrian Frutiger, le structuralisme de Claude Lévi-Strauss, le sérialisme de l’école de Darmstadt.

Ton travail est-il marqué par une revendication politique ou artistique ? Défends-tu une certaine vision de la création graphique ?

non je n'ai aucune revendication.
Je dis ce que je pense de certaines créations, style ou attitude, c'est tout.

Qu’est-ce qui pousse à se lancer dans la création d’une fonderie dans le contexte numérique actuel? Arrives-tu à en vivre ? En un mot, y a-t-il un avenir dans la création typographique ?

Tout comme le magazine SangBleu, notre principale envie avec BP était de créer nos propres trucs et de pouvoir les développer en totale indépendance.

Je vis uniquement de la typo, entre l'enseignement, les royalties et la création de custom. Plein de super projets sont en cours, d'autres arrivent, je n'ai vraiment pas à me plaindre.

S'il y a un avenir? L'histoire commence avec l'écrit il y a 5000 ans, on va pas arrêter demain.

On dit que la calligraphie et la musique sont intimement liées par le rythme. Le ressens-tu dans ton travail ?

Je n'ai jamais compris ces comparaisons entre musique, typo ou voiture, des comparaisons souvent faites par des dessinateurs de caractères, qui a part avoir une grande culture typo n'ont souvent aucune culture visuelle.

Oui l'enchaînement des différentes lettres est une question de rythme, mais je joue très mal de la guitare et Slash est un bien mauvais type designer.

Si tu devais sauver trois caractères d’un virus qui ravagerait par malheur ton ordinateur, lesquels choisirais-tu ?

aucun... Je ne les utilise pas et je ne suis pas fétichiste des fonts.

Le Didot Bp






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Le Folkwang






 Et pour finir quelques lettres du B&P









Mdvanii font privée pour BillyBoy et Lala


mardi 15 septembre 2009

Yamanote line | Hamamatsuchō

Après Tamashi, nous voici maintenant à la station Hamamatsuchō (浜松町駅, Hamamatsuchō-eki), toujours dans la municipalité de Minato. C'est la gare principale du quartier.

Le tampon de la station 

Les monuments représentés sur ce sceau sont le Temple Zōjō-ji (増上寺) et au second plan la Tour de Tōkyō"(東京タワー).



Le Temple Zōjō-ji

Peinture: Kawase Hasui, Temple Zozo-ji sous la neige (1953)

Sa première construction date de 1393. Deux siècles plus tard, il fût déplacé à Edo, pour l'emplacement qu'il occupe aujourd'hui dans la municipalité de Minato. Il est alors le principal temple de la branche bouddhiste Jōdo shū de la région du Kanto.
En 1590, il devint aussi le temple de la grande famille de Tokugawa Ieyasu (徳川家康), le dernier des trois unificateurs du Japon de la période Sengoku. Les couleurs emblématiques de la famille ornent toujours les murs du temple.


Vidéo: http://www.akihabaranews.com by Daimaou

La Tour de Tōkyō

Photographie: Satoshi Kawase, Tokyo Tower - Diamond Veil (2009)

Conçue par l'architecte japonais Tachu Naïto, cette tour est inspirée de son ainée la Tour Eiffel, mais la dépasse de 8 mètres tout en ayant une armature beaucoup plus légère (4000 tonnes contre 7300 pour la française). Elle fait partie des tours métalliques les plus hautes du monde. L'hiver elle est illuminée en orange, l'été en blanc.
La tour fût inaugurée le 23 décembre 1958 pour remplir plusieurs fonctions.
Elle sert de pôle de diffusion des ondes hertziennes et de plateforme de surveillance du traffic routier et maritime. Comme la Tour Eiffel, elle est ouverte aux touristes; aquarium, sol transparent en hauteur, restaurant, boutiques… Elle sera bientôt remplacée par la Tōkyō Sky Tree, une tour deux fois plus haute, dans le quartier de Sumida.

Hamamatsuchō

Vidéo: http://www.akihabaranews.com by Daimaou

La gare de Hamamatsuchō emprunte son nom à la rivière voisine qui coule en plein cœur de la ville. Elle est aujourd'hui surplombée d'une autoroute et de lignes de train. Néanmoins quelques restaurants-péniches accueillent encore les promeneurs (égarés).

lundi 24 août 2009

Jan Švankmajer




vendredi 21 août 2009

Graffiti Taxonomy [ Né dans la rue ] par F.C.S.

F.C.S. est une vieille connaissance, lors de notre dernière rencontre je lui avais confié mon point de vue sur l'exposition «Né dans la rue» et ma volontée d'écrire un article dessus. Deux semaines plus tard, alors que je venais juste de finir mon post sur l'expo, j'ai reçu un texte de sa part.


Graffiti taxonomy : Paris, 2009.

«Je voudrais remercier les writers à Paris, dont j'ai photographié le travail entre le 24 et le 28 avril 2009.»
Voici la mention qui accompagne l'œuvre dʼEvan Roth, exposée sur la façade matérielle (comme sur celle "en ligne") de la fondation Cartier, dans le cadre de lʼexposition « Né dans la rue - Graffiti ».

Taxonomie : Classification d'éléments; suite d'éléments formant des listes qui concernent un domaine, une science.
Les «éléments», ici, sont des détourages informatiques de tags, à partir des photographies que l'artiste s'est empressé de prendre dans les rues de Paris. L'intervalle de temps consacré aux photos donne le ton : on shoote tout et n'importe quoi, on mitraille, à quoi bon prendre le temps d'éduquer son oeil, l'important étant d'accumuler une copieuse banque de données. Avant même de se pencher sur le travail, on flaire la précipitation, la pirouette de dernière minute, l'habileté de l'artiste à vendre un travail qu'il ne maîtrise pas, sur un domaine qu'il ne connaît pas, à des gens qui n'y connaissent rien non plus. Par contre, des deux bords, on s'entends bien à magnifier du vide dans un packaging alléchant.
Le détourage est en lui-même un crime, pour un travail se rapportant au graffiti ou à n'importe quelle forme d'action in situ : abolition, négation du contexte. Toute la substance d'un tag réside dans l'articulation trace/support, il s'agit là d'une évidence qui n'a plus lieu d'être exposée. Un tag transposé sur un fond neutre, ce n'est plus un tag. Sa spécificité tient à son existence dans un contexte urbain, que seul un oeil photographique averti peut aspirer à transmettre (cf. John Naar par exemple). L'insurmontable paradoxe d'un travail basé sur le détourage de tags, condamne l'œuvre d'entrée de jeu, à mon sens, au statut de trémoussement vain.

On me rétorquera : "C'est bien là l'angle d'attaque de l'artiste, s'intéresser à la graphie pure, à l'inventivité des writers en termes de déclinaison de glyphes, à laquelle il rend hommage."
On touche au cœur du problème : si cette œuvre bénéficie d'un telle mise en valeur (seule visible dans son intégralité depuis la rue, et déclinée en formule «interactive» sur la page d'ouverture du site de la fondation), c'est qu'elle résume la posture du commissariat d'exposition - elle la caresse dans le sens du poil. A savoir celle de porter sur les productions du graffiti un regard exclusivement esthetico-formel : celles-ci gagnent alors à être transposées dans le cube blanc ou sur un fond neutre, qui permet dʼen savourer les subtilités, en les libérant du grésillement parasite de la rue. La fondation Cartier se pose alors à la fois comme garant de la valeur artistique de l'œuvre («Nous sommes une institution artistique reconnue, donc ce que nous exposons relève de l'art - croyez-nous.») et comme éducateur du regard («Vous qui êtes trop ignorants pour remarquer ce qui est tous les jours sous vos yeux, regardez comme ils sont beaux les barbouillages, maintenant qu'on vous les plaque contre une vitre, bien alignés !»). Cette condescendance, à s'émerveiller des jolies formes ou des jolies couleurs nées dans la rue, produites par de simples sauvageons, semble être transversale à toute institution artistique qui décide de se frotter au graffiti. Frissons bon marché et gros retours sur investissement.
Mais la farce ne s'arrête pas là. Prétendre au terme de taxonomie ? Alors que le seul lien entre les "éléments" classifiés est leur présence casuelle sous l'objectif d'un amateur candide et ignare ? Se côtoient donc, dans cette classification périodique des gribouillis parisiens, les tags d'un néophyte à la main encore tremblante, d'un old-timer au geste précis, ou d'un writer new-yorkais de passage. "Tiens, sur ce tag, j'aime bien le O, je vais l'isoler et le comparer à d'autres O..." En vertu de quoi ? Les voies de l'artiste sont impénétrables, et de toute façon l'oeuvre se destine à des badauds bien disposés, auxquels on propose une mise à jour du lèche-vitrine... On pallie cette demi-science cagneuse par une mise en pli léchée et clinquante.

Je me trouve être l'auteur d'un des tags détourés : si je m'attendais aux aigreurs d'estomac en allant visiter cette exposition, je nʼaurais pas soupçonné dʼen être outré avant même de franchir ses portes. Retrouver mon tag, vecteur essentiel de toute mon expérience dans le graffiti, aussi minablement souillé dans cette tartuferie complaisante, c'en était trop pour que je passe cet épisode sous silence.
C'est vrai, légalement, je n'ai aucun droit d'auteur sur une production par nature illégale, dans le territoire visuel collectif, donc à portée de tout appareil photographique. Mais si les writers n'ont cure du droit institué, ils ont pour autant leur droit, dont les règles sont à la fois fixées et faites respectées par le rapport de forces physiques, primaire et sauvage. "Quia nominor leo", "parce que je m'appelle lion", écrivait Phèdre. Cʼest somme toute, en vertu du même principe, de la même absence de principe, que découle le travail exposé sur la façade de la fondation Cartier. C'est donc en toute concordance avec la démarche de l'artiste, s'arrogeant le droit d'utiliser comme bon lui semble ma production, de la dénaturer et dʼen tirer bénéfice, que je m'arrogerai, à l'occasion, le droit de lui enfoncer mon poing dans la gueule. Bienvenu dans le joyeux monde du graffiti.

F.C.S.


Le travaille dont il est question est celui d'Evan Roth intitulé Graffiti Taxonomy dont voici la présentation vidéo.




plus d'info sur le blog fffff.at

mercredi 12 août 2009

Né dans la rue @ la fondation cartier



La fondation Cartier nous gratifie habilement d'une énième exposition sur le graffiti et de son rapport au mouvement hip hop. Cette rétrospective émoussée, bien que réalisée avec plus de moyens que d'habitude, se borne encore une fois à décrire ce mouvement comme un art folklorique.

Exposition de marqueurs «authentiques et officiels», reproduction d'un whole-train de Seen, etc... tout le sous-sol est utilisé pour célébrer l'esprit «euphorique» des années 80 à grand renfort de films et de photos d'époque (Style Wars, Wild Style, Martha Cooper...). Rien ne manque, surtout pas l'inamovible SAMO de Jean-Michel Basquiat censé légitimer auprès des derniers indécis du caractère artistique de la chose. Les côtés subversif et agressif y sont totalement remplacés par une représentation pittoresque et naïve.

Rappelons tout de même que le graffiti n'est pas né dans les années 80, mais à la fin des années 60 à Philadelphie. Il est l'évolution des marquages territoriaux des gangs au profit d'un seul individu revendiquant sa propre existence. Ces références sont largement oubliées et contribuent à la cacophonie générale liée à cette expression.

Le monde de l'art, que l'on pourrait plus allègrement appeler le monde de la finance, considère qu'un mouvement artistique existe à partir du moment où il est en galerie. En d'autres termes, un mouvement artistique nait lorsqu'il y a un marché.

«Au tournant des années 1970 et 1980, le mouvement connait une transition qui va définitivement l’implanter dans le paysage culturel new-yorkais et contribuer à sa diffusion hors des frontières de la ville et du pays. Le monde de l’art commence à s’intéresser au graffiti et certaines galeries se consacrent presque exclusivement à exposer des travaux de graffeurs.»*

On comprends mieux alors pourquoi cette partie a été traitée même si historiquement très peu d'artistes ont fini par intégrer le marché de l'art à cette époque. Mais le plus étonnant peut-être est l'absence totale de problématique sur une thématique de ce type. Le commissariat de l'exposition, reposant sur un consensus «limite subversif», peine à cerner un mouvement pictural comme le graffiti ayant une réelle résonance sociétale. Les œuvres ou pièces sont présentées sans autre fonction que la production d'un effet spectaculaire.

Dans leur grande bonté, les curateurs ont daigné aborder la partie hors-US qui depuis maintenant 10 ans est à l'origine des principales mutations du mouvement. Malheureusement ce qui était consensuel au sous-sol frise le pathétique avec la partie européenne au rez-de-chaussée. Si je comprends parfaitement la motivation pécuniaire de certains «writers», une telle sélection n'apporte rien et surtout met en lumière l'indigence culturelle qui entoure la compréhension de ce phénomène.

Seuls les films présentés réussissent à échapper à l'aspect décoratif et à rendre l'énergie de cette culture. Pixo réalisé par João Weiner et Roberto Oliveira, Dtagno, et Nug justifient à eux seuls la visite de ce showroom. On notera l'analogie particulièrement pertinente entre graffiti et art brut soulevée dans le film brésilien.

Cette exposition ravira le chaland (qui fait d'ailleurs la queue pour y rentrer) et le néophyte (qui a pu s'entrainer sur le mur de la fondation), en somme un joli «graffiti-plage».





En guise de fin un petit article glaner sur ce site à propos de Cornbread:
Le premier taggeur se nomme Cornbread et débuta sa carrière en taggant "Cornbread loves Cynthia" sur les bus, les trains, les voitures de police et les murs des édifices de la ville en 1968.
Un peu plus tard, une mauvaise couverture médiatique proclama, en 1971, qu’il était mort. Pour prouver à la population qu’il était bien vivant, il se rendit au zoo local et peignit « Cornbread lives » (Cornbread est vivant) sur les flancs d’un éléphant.

Par la suite, on le mit au défi de peindre son « tag » sur l’avion du groupe musical «The Jackson Five », exploit qu’il réussit à accomplir à l’atterrissage de ces derniers, à l’abri du regard des autorités.

La signature de Cornbread est particulière. Il s’agit d’un « tag » surmonté d’une couronne juste au dessus du « B » de son pseudonyme, qu’il s’est d’ailleurs auto-octroyé puisqu’il adorait ces petits pains au goût sucré que sa grand-mère lui concoctait.